Kafka, Franz

Kafka, Franz

Les œuvres de Kafka faisant l’objet d’analyses diverses et innombrables, le descriptif ci-dessous est largement sujet à discussion mais il a l’avantage d’exister et de permettre une base commune de jeu.

Auteur : Franz Kafka, Autriche-Hongrie, langue allemande, 1883-1924.

Courant littéraire : Kafka est un auteur qui allie réalisme et existentialisme à l’aide du fantastique.

 

Thématique(s) générale(s) :

  • Au réalisme, il emprunte :
    • la volonté de représenter le quotidien le plus fidèlement à la réalité, sans artifice sans idéalisation
    • le choix de ses sujets qu’il prend dans les classes moyennes ou populaires, tout en traitant de leurs thématiques (salaire, relations familiales et conjugales, luttes sociales, etc.),
  • A l’existentialisme, il prend :
    • l’idée que l’existence n’est ni à démontrer, ni à justifier, qu’elle surgit et s’impose.
    • L’homme pour donner un sens à sa vie ne peut compter que sur lui-même, sur sa responsabilité, sur la liberté de ses engagements.
    • Plongé dans un monde matériel et historique qui définit sa situation, l’individu est confronté à une réalité objective opaque, impénétrable.
    • Livré à lui-même, sans recours, l’individu perçoit l’existence comme une angoisse, un abandon à la solitude (déréliction).
    • Pour ne pas sombrer dans le désespoir ou dans des rêveries chimériques, il faut tâcher de devenir soi-même, en inventant à chaque instant sa dignité et sa morale, l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait.
  • Au fantastique[1]:
    • L’élément fantastique vient questionner le réel. Lorsque se produisent des événements inexplicables et dont il est impossible de savoir s’ils régissent aux règles du réel ou du surnaturel, cela permet à l’individu de questionner sa propre existence. Cet événement, suivi de ce questionnement, bouleversera complètement la vie du personnage qui cherchera à exister, tel qu’il est, même si cela l’entraîne vers la mort.

Qu’est-ce qui est Kafkaïen ?

L’élément fantastique n’est jamais questionné, il fait partie de l’histoire. C’est cette tension, entre un réalisme devenu abscons par l’élément fantastique qui est propre aux œuvres de Kafka. Une sorte de réalisme de l’absurde. Kafka, c’est le paradoxe tragique de la mouche[2] prise dans la toile d’araignée[3] : plus la mouche se débat, plus elle sera prise au piège, mais que se passerait-il si elle ne se débattait pas ? La quête vers l’existence est une tragédie…

 

Eléments utilisés :

  • métamorphose: au sens de l’individu en mutation
  • l’exclusion, l’enfermement : exclusion familiale, sociale, ethnique, qui aboutit sur l’enfermement de l’individu sur lui-même, …
  • le poids social : aliénation à la famille, aux humains, aux lois régissant la société. incapacité à être soi-même et à vivre sa vie telle que l’on aimerait la vivre.
  • les relations familiales ou amoureuses : l’amour pour sa famille, ses amis, ses amours devient un joug dont on ne peut se défaire.
  • l’inexistence de l’espèce humaine : questionnant l’arbitraire de la norme, des croyances, de la morale, il met en exergue l’inhumanité inhérente aux sociétés.

A lire :

  • La Métamorphose, Die Verwandlung, (1915)
  • Le Procès, Der Prozeß, (1925)
  • Le Château, Das Schloß, (1926)

[1] L’œuvre est dite fantastique quand il y a inscription du surnaturel dans la réalité ; lorsque se produisent des événements inexplicables et dont il est impossible de savoir s’ils régissent aux règles du réel ou du surnaturel. C’est ce doute insolvable qui est spécifique d’un univers fantastique. Pour développer cette notion de fantastique, voir TODOROV, Tzvetan, Introduction à la littérature fantastique, Paris : Ed. du Seuil, 2001 (19701).

[2] Allégorie de l’individu

[3] L’élément fantastique, issu d’une réalité absurde.